Le café à l'île de la Réunion

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 (Message posté sur notre liste de discussion par un de nos membres)

 

  Le Café

 

Première partie

 

Aujourd’hui le 24/06/2001 c’est la journée mondiale de lutte contre la toxicomanie.

De nombreuses manifestations sont organisées au Barachois à Saint-Denis.

Je vais vous développer le café (une drogue quand même), et bien sûr je VOUS LAISSE LE SOIN de développer d’autres drogues courantes de l’île. .

Jadis, la culture principale de notre île était le café. C’est par la volonté de la Compagnie des Indes que le caféier (coffea arabica) fut amenée à Bourbon en 1717. En 1724, la Compagnie oblige presque les propriétaires de leur retirer leurs concessions s’ils ne plantaient pas 200 pieds de caféiers (quel pléonasme !) par esclave. Eh oui par esclave!!!

On avait coutume jusqu’à la fin du XIXème siècle d’estimer la position des habitants au nombre de balles de café qu’ils produisaient nous dit Catherine Lavaux.

Ces récoltes subirent de gros dégâts pendant les cyclones successifs de 1806 et 1807. On diversifia donc les cultures à partir de cette époque..

Les récits des voyageurs du XVIIème siècle décrivent Saint-Leu comme la ville réputée par son café.

Je vous parlerai une autre fois de la description du caféier, de la préparation du café à l’époque de nos grands-mères, enfin ce qui veut dire que cet article sera en plusieurs parties, et vous m’en excuserez.

 

Deuxième partie

 

Talleyrand trouvait le café " noir comme le diable, chaud comme l’enfer, pur comme un ange, doux comme l’amour ". J’avais toujours entendu de la bouche des vieux créoles que le café était : " fort comme l’amour, et noir comme le diable ". Ce qui signifie bien que nos anciens étaient quand même cultivés.

Le café est une drogue, eh oui !! Il agit principalement sur le système nerveux. Il combat la somnolence, les névralgies, les migraines, les intoxications : " à haute dose, il antidote l’opium et d’autres stupéfiants comme l’alcool ".Ici, à la Réunion, après une bonne " cuite ", (un repas trop arrosé), on fait boire une tasse de café salé .Il paraît que çà permet de dessaouler.

Comme partout dans l’île, on préparait ainsi son café.

On attendait que ces fruits passent du vert à l’orange puis au rouge et ensuite au rouge foncé. On procédait alors à la cueillette, on mettait les graines fraîchement récoltées, à sécher au soleil sur l’argamasse dit-on (il s’agit des aires en paliers se trouvant dans " l’Habitation " c’est à

dire l’Exploitation). Celles-ci étaient étendues sur des " gonis " (sac de jute).

Les graines rouges vont être mises à sécher, mais avant tout, seulement par curiosité, ouvrons en une (çà ne fait pas partie de la préparation, mais seulement d’une description). Avec l’ongle, on en ouvre une, la peau rouge se fend et à l’intérieur la graine se sépare d’elle-même en 2

parties égales, visqueuses et de couleur ivoire. Fini la curiosité, revenons à notre préparation.

Quand la coque se brisait facilement sous la pression des doigts, on l’emmagasinait jusqu’au pilonnage. Plus cette opération était retardée, meilleur était l’arôme. Il fallait à un homme 4 à 5 jours pour préparer à la main et au pilon une balle de café.

Le prochain épisode sera cette fabrication au temps de nos grands-mères.

Chantal.

 

3ème et dernière partie

 

Ceci est un extrait des mémoires d’une personne âgée de notre île.

Le caféier est un arbuste d’un feuillage vert foncé et lustré.

A une certaine époque de l’année ces arbustes se couvraient de fleurs blanches, odorantes, qui faisaient le régal des abeilles. Peu à peu, les fleurs devenaient graines vertes, puis en mûrissant, baies d’un rouge éclatant de saveur sucrée, (car enfant nous nous amusions à sucer ces fruits), prête à être récoltées.

Après la cueillette on étalait le tout sur des " gonis " (sacs de jute) ou des " saisies " de vacoa (nattes en vacoa) [ le vacoa étant un arbre poussant essentiellement vers la région de Saint-Philippe et qui sert de tuteur à la vanille] pour les faire sécher jusqu’à ce que les baies passent du rouge au noir. Là, on les pilait dans une sorte de mortier creusé dans un tronc d’arbre avec un pilon en bois dit " clou " pour faire éclater les fruits noirs et les séparer de leur enveloppe.

On vannait ensuite tout cet amalgame afin d’isoler les cotylédons jaunâtres de la paille fine et lisse (l’enveloppe).

Puis, dans une grande marmite en fonte, noircie, destinée uniquement à cet usage, à l’aide d’une longue spatule, on le grillait au feu de bois.

Le café répandait alors son arôme dans tout le voisinage. Après le grillage, on inclinait la marmite pour que le café se refroidisse plus vite.

Ce café torréfié, grillé, était étendu immédiatement sur une surface plane, dans des vans, sur des journaux etc

On l’écartait doucement pour que la chaleur s’en aille plus vite, et une fumée épaisse et noire, très parfumée s’élevait dans l’air. Après refroidissement, ce café grillé était mis par poignée dans le moulin à café.

Mais à quoi ressemblait cet instrument ?Je n’ose pas vous le décrire car c’est à la portée de tout le monde je crois. Après encore arrive l’étape : faire couler son café et il ne reste plus qu’à le siroter.    C.L.

 

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