Les bichiques pêche en haute mer ile de la réunion

photos de l'île de la réunion, informations touristiques, randonnées, plus de 1000 photos en ligne. Ce site vous permettra d'effectuer UN VOYAGE VIRTUEL A L'ILE DE LA REUNION - Bonne visite.  Votez   Aidez-nous !  Click here for english version of this site   ---   Cliquez ici pour la version anglaise de ce site

 

CULTURE > Dossiers > Les bichiques

 (Message posté sur notre liste de discussion par un de nos membres)

 

  Les bichiques

 

      Vouves

Bichique : est-ce masculin, ou féminin ? Je ne sais pas trop, alors nous parlerons comme si ce mot était au masculin, car les usages le veulent ainsi.

Ce sont des petits poissons rappelant la civelle. Ils naissent des cabots, des loches, des boucherondes et autres poissons d'eau douce. Ces alevins, nés de gobéidés d'eau douce remontent les rivières comme les jeunes anguilles. Ils sont alors pêchés dans des nasses spéciales de forme conique qu'on appelle " vouve " (1). Les pêcheurs placeront leurs " vouves " dans le " courant ", la gueule tournée vers la mer.

Pourquoi les bichiques se groupent-ils à l'embouchure des cours d'eau ? Il semblerait qu'ils recherchent des eaux très oxygénées, des eaux peu minéralisées. A cet endroit, ils se nourrissent de micro-organismes végétaux.

Dans l'année, leur arrivée coïncide avec le carême. La plus fameuse espèce de bichiques est la bichique dite " la rose ", d'où l'exclamation des vendeurs aux petits bazars ou sur le bord des rues en ville : " V'là bichique rose " !

Le carême est la saison des capucins mais aussi celle des bichiques. Est-ce vraiment encore le cas à l'heure actuelle où même les fruits sont contre-saison ?

L'excédent de la pêche était autrefois transformé en conserves ou encore séché, mais à l'heure actuelle il n'y a pas assez pour la consommation courante.

Les caris de bichiques sont de renommées mondiales. Si en France la civelle est peu connue, par contre ici dans notre " île à grands spectacles " comme on l'appelle, les bichiques sont un régal. Certains attribuent le nom de bichique à la façon dont un missionnaire s'y prenait pour parler d'une montée d'alevins : " Ah pichicouli pichicouli ! ".
Pourtant selon un rapport établi par P. Delacroix, le mot bichique serait issu du malgache " bitsika " qui signifie " petit ". Comme on peut le constater, l'origine est incertaine !

Saint-Benoît n'est pas un centre de pêche en haute mer : en revanche, l'endroit est renommé pour ses " bichiques " (spécialités réunionnaises).
Ce sont de tout petits poissons, minuscules alevins de différentes espèces, loches, cabots anguilles… Ils ont une taille d'environ trois centimètres, remontent les rivières et y grossissent. Apparemment l'adulte vit uniquement dans les eaux douces. Au moment de la ponte, l'adulte gagne la mer. Les oeufs éclosent en mer. Quand les bichiques ont 2 à 3 centimètres, ils se dirigent en bandes vers l'embouchure des rivières, à la recherche d'une eau meilleure.

Ces alevins se regroupent à l'embouchure des rivières aux changements de lune, plus souvent en été qu'en hiver. A ce sujet, les réunionnais ont imaginés un moyen pour reconnaître dans quels mois on pouvait en trouver : ils récitent les mois de l'année, janvier, février, mars, avril, mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre, et décembre. Les mois qui sont soulignés comportent la lettre R, par conséquent on a la chance de pêcher une quantité suffisante ; par contre, de mai à août ce n'est pas le cas. Ceux pêchés en saison chaude sont plus gros que ceux pêchés en hiver.

  

Les bichiques sont transparents et roses dans l'eau de mer et deviennent gris et opaques dans l'eau douce, d'où les deux qualités trouvées sur le marché. Ils remontent les cours d'eau et les parois rocheuses des cascades grâce à de petites ventouses. La pêche en ces lieux est actuellement aménagée, car autrefois, c'était de véritables acrobates qui sautaient, afin de se rendre sur place pour y déposer leurs nasses. On les pêche dans toute l'île mais plus fréquemment sur la côte Est, avec des vouves qui sont de différentes tailles faites de " nics de mouffias " ou " nics de
coco " (partie de la nervure centrale des palmes de mouffia ou de cocotier). C'est une pêche originale qu'on ne trouve nulle part ailleurs.

A l'embouchure de la rivière ces nasses sont placées dans l'eau et les alevins y restent pris ; on les pêche avec des filets à mailles fines plus loin en mer.

Chaque pêcheur a " son canal " c'est à dire un espace qui lui est réservé et qu'il défend à quiconque d'utiliser. C'est à celui qui occupe les lieux en premier, il me semble. Alors, c'est pourquoi quand il y a conflit entre deux pêcheurs, le second " fane " de l'eau de Javel dans la mer afin d'intoxiquer la prise de l'autre et pour que celui-ci ne puisse pas écouler ses alevins qui représentent tout de même, l'or gris de l'île.

Il était autrefois fréquent devant l'abondance des " bichiques " de les faire sécher ou les mettre en conserves. A présent, ces alevins se font tellement rares, et hors de prix, qu'on ne les met guère en boites ou à sécher.

Dans les bonnes années, il était courant d'en exporter autrefois à Maurice et à Madagascar, je ne pense pas que c'est encore le cas de nos jours. Pour sa consommation, le réunionnais achète bien souvent du surgelé ; mais qui ne vaut pas celui de notre île avec son goût de coquillages.

Fort heureusement, la loi oblige à laisser un passage libre dans le courant pour permettre à une partie des alevins de gagner le cours supérieur des rivières et ainsi perpétuer l'espèce.

(1)Vouve : du malgache " vova " nasse en osier ou en nervures de rafia ou
raphia utilisée principalement pour la pêche aux bichiques. On retrouve
les mêmes formes en Chine, en Mélanésie et à Madagascar.   Chantal .L.

 

N'oubliez pas de laisser votre avis sur ce site dans le livre d'Or

Pour vous abonner à notre liste de discussion, cliquez ici. Merci par avance pour votre soutien et vos critiques.

Retour

Capturé par MemoWeb à partir de http://perso.wanadoo.fr/daniel.lacouture/Divers/Dossiers_Nature/Divers_Discussion_Dossier_013.htm  le 02/10/03