La légende de Mario (esclave ile réunion)

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  La légende de Mario

 

La Réunion est une île dont la culture est basée sur de multiples religions (catholique, indienne, chinoise, musulmane, et autres). Comme une grande majorité de la population se place dans la première citée, je me permet de vous reprendre des écrits consignés dans la paroisse de la Rivière des Pluies et diffusé par Catherine Lanvaux dans un de ses livres.

Ces écrits datent du temps de l'esclavage et retracent la légende de Mario.

Jadis au temps des noirs marrons, vivaient à l'entrée des gorges de la Rivière des Pluies, proche de l'endroit où s'est élevée plus tard la jolie église de François Xavier, un jeune cafre du nom de Mario.

Il avait appartenu à un riche habitant de Sainte Marie, mais battu par son maître, il avait gagné ces lieux solitaires. Misérable était son existence, mais il se trouvait heureux car il possédait un bien précieux entre tous, la Liberté.

Trois ans avaient passé depuis la disparition de l'esclave, malgré bien des recherches, bien des promesses de récompense, personne n'avait pu relever la moindre trace de ses pas. Un jour, cependant un chasseur du Chaudron égaré à la poursuite d'un lièvre, remarqua derrière un amoncellement de rochers, au fond d'une petite vallée, une fumée qui montait droite et mince dans le ciel. Il se dirigea de ce côté et aperçut un cafre accroupi devant une marmite et un feu. Ami du maître, le chasseur le reconnut. Mais Mario avait l'ouie fine, il entendit du bruit, bondit
dans les rochers et disparut. Le chasseur résolut de gagner le quartier et de prévenir le maître.

Après quelques jours de mortelles angoisses Mario s'était rassuré, il avait repris ses courses vagabondes à travers la forêt. Il était pieux ; dans l'excavation d'un rocher qui dominait le boucan, il avait déposé une petite Vierge en bois d'ébène, noire comme lui, qu'il fleurissait chaque
jour avec amour. Un blanc charitable et bon, alors qu'il était encore enfant l'avait baptisé, lui avait appris à prier et donné un jour cet objet béni. Dans sa solitude le sourire calme et silencieux de la Bonne Mère lui était d'un grand réconfort. Mario l'invoquait lui racontait ses peines et son plus grand bonheur était de fleurir sa grotte.

Ce soir là, absorbé plus que d'habitude par la confection de quelques engins de pêche qu'il devait déposer au bassin " la nage ", le marron ne prêtait attention à rien. Pourtant dans les sentiers de la berge, les herbes crissaient doucement, des martins effarouchés s'enfuyaient ;
c'étaient les chasseurs revenus pour traquer le malheureux. Un galet roula plus fort que les autres, Mario se redressa mais trop tard le boucan était déjà cerné ; affolé l'esclave se tourna alors vers sa protectrice et se jetant à genoux cria :

O Mère des pauvres noirs secourez-moi, protégez-moi !

Les chasseurs allaient franchir les quelques mètres qui les séparaient de leur victime, folle de peur et de désespoir quand tout à coup ô prodige, au dessus de son boucan adossé au rocher, les branches d'un bougainvillier pourpre s'élancèrent, glissèrent jusqu'en bas recouvrirent en quelques secondes les parois du rocher. Les rameaux épineux formèrent un tel fouillis que ni les haches ni les sabres des chasseurs surpris et furieux ne purent en venir à bout : plus ils coupaient, plus ils cognaient avec rage, plus les branches se resserraient, plus les fleurs éclataient en gerbe, comme un défi victorieux et Mario caché là dessous pleurait et riait à la fois, bénissant sa petite mère qui l'avait sauvé.

Des années et des années passèrent Sous un amas de terre, on découvrit un jour le squelette du marron, et au dessus de ses restes desséchés, la petite vierge d'ébène qui souriait. La caverne fut déblayée et pieusement restaurée ; on n'eut garde de toucher au bougainvillier miraculeux qui ne cesse de fleurir.

Depuis, la petite statue fut remplacée par cette autre que connaissent tous les pèlerins..    C.L.

 

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