Les cars bus voitures - ile de la Réunion

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CULTURE > Dossiers > Les cars courant d'air (île de la Réunion)

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  Les cars courant d'air

Quelques voitures avaient déjà fait leur apparition dans notre île, et c'était uniquement les élites qui pouvaient se les payer. Ces véhicules n'étant pas à la portée de tous, on imagina un service d'autocar. Quelques personnes avisées s'intéressèrent à la question et leurs réflexions débouchèrent sur le car courant d'air.

Ce fut des " z'Arabes " qui exploitèrent ces lignes. Ces cars ont bercé l'enfance de nos parents et grands-parents, car ils sont arrivés dans l'île vers 1911.

Le véhicule lui-même était construit localement. On commandait un moteur et un châssis de camion. A coups de burin et de scie à métaux, on sacrifiait la cabine du camion. On échafaudait une armature métallique qui peu à peu prenait l'allure d'une grande cage. On procédait après à la couverture de cette cage en prenant soin de laisser les ouvertures vitrées pour les pare-brise. Puis sur place, de très habiles ouvriers le garnissaient d'un plancher, d'un caisson arrière, des rangées de banquettes bourrées de crins, comme les coussins des carrioles d'autrefois l'étaient, et on y ajoutait un toit. Les marques Citroën et Renault étaient très prisés. Ces autocars étaient toujours peints de rouge. Ils méritaient bien leur appellation car ils étaient ouverts à tous vents, à toutes les rafales. En cas de pluie, une sorte de bâche était suspendu sur les côtés pour se préserver. En cas de beau temps, cette bâche était roulée en haut près du toit laissant une vue imprenable. Aucun détail de la nature ne pouvait échapper au voyageur, même s'il n'était pas
observateur, tant le champs de vision était pittoresque et agréable.

Ces autocars desservaient la région Est, et Ouest, convergeaient vers Saint-Denis et desservaient aussi Hell-Bourg, Plaine des Palmistes, Plaine des Cafres, l'Entre-Deux. La plus périlleuse était la route de Cilaos.

Un déplacement, pour ne pas dire un voyage était en ce temps là une expédition. Dès le départ du car, celui-ci était au complet. A bord de ce car les passagers étaient coincés entre les " soubiques " et les tentes. Les passagers se serraient les uns contre les autres pour faire une petite place au dernier voyageur. D'autres passagers, faute de places montaient quand même, des hommes surtout ne voulant pas attendre le prochain autocar. Ils montaient donc, certains debout sur les marchepieds s'agrippaient aux banquettes. D'autres grimpaient sur le toit. Les chauffeurs se livraient continuellement à des courses poursuite effrayantes afin de dépasser ceux qui les précédaient.

Ces cars courant d'air transportaient voyageurs et marchandises. En cas de panne, les voyageurs devaient pousser eux-mêmes le véhicule. Le véritable succès de ce car courant d'air a entraîné la disparition du chemin de fer qui était incapable d'adapter ses horaires et ses liaisons. Mais ce qui détrôna véritablement les cars courant d'air, sont les bus " made in France " ou autre. C'est un homme (Amalou) qui fit venir un jour un superbe autobus Mercédès fabriqué en Allemagne. Cette innovation fut fatale et on remisa peu à peu les cars courant d'air. Il ne faut pas oublier que la guerre a contribué aussi beaucoup à sa disparition vu le manque d'essence, d'huile, de pneumatiques et autres.    C.L.

 

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