Le moulin à maïs créole créole ile de la réunion - paysan graines

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  Le moulin à maïs.

Chaque petit planteur avait un carreau de maïs dans ses champs. Ceux-ci ont quasiment disparus de nos campagnes à l'heure actuelle. Cette céréale était une base alimentaire pour les créoles, surtout en temps de guerre, où tout était tellement rare. Maintenant on préfère un sandwich !!

Après l'égrenage, le paysan mettait les graines de maïs dans cet ustensile appelé " moulin maïs ". Cet outil avait pour mission de moudre ces graines jaunes d'or, et les transformer en une sorte de semoule. Le moulin était posé sur un sac de jute dit " goni " afin de recueillir le maïs moulu. Il était en action surtout le matin de bonne heure et l'on entendait son bruit ronronnant et sourd. C'était l'homme ou les garçons qui le manipulait. Il prenait les graines et les introduisait dans le moulin qui ne servait qu'à cette graminée.

Voilà en fait, comment il était fait.

C'était un instrument à usage domestique, familier aux anciens habitants des campagnes. Il est l'héritage des moulins à céréales goujrati, introduit à Bourbon à l'époque de la Compagnie des Indes. Il était de fabrication artisanale, taillé au marteau et au ciseau dans de la pierre dure provenant des champs. A présent ces tailleurs de pierres fabriquent cet ustensile à partir de pierres provenant du lit des rivières. Le choix de la pierre fait appel à un savoir-faire particulier. Le matériau doit avoir une sonorité précise pour être sélectionné. Il est ainsi constitué de deux meules de basalte superposées, reliées par une partie métallique, d'où son nom " moulin de roche ". Les deux pierres s'emboîtent grâce à un axe de fer scellé dans le disque inférieur. Leurs faces internes comportent des aspérités afin de faciliter le broyage du maïs. Seul le disque supérieur, creusé au milieu est amovible. Cette partie comporte un trou central appelé " la gueule " qui reçoit le maïs à moudre.
Il est actionné par une poignée verticale en bois, fichée à sa périphérie. En même temps que le disque est actionné, le maïs est introduit dans " la gueule ". Pour moudre les grains, il faut saisir le manche d'une main, faire tourner le disque supérieur à allure régulière et de l'autre main, alimenter à chaque tour ce trou central. Le grain ainsi concassé jaillit de l'interstice et tombe sur le " goni " sur lequel est placé le moulin. Traditionnellement c'est aux enfants d'effectuer l'ensemble de ces tâches.

La mouture est recueillie sous forme de poudre de pellicules fines ou de grains inégalement broyés pour le " sosso ". Elle sera " vannée " ensuite pour séparer le maïs " sosso ", le maïs de riz, et le " lamsim ". Ces catégories séparées, s'apprêtent à diverses préparations culinaires et nourrit également les animaux de basse-cour. Lorsque la pierre des meules s'usait trop rapidement, on avait recours à du plomb fondu pour colmater les aspérités. Mais cette pratique occasionnait des empoisonnements par les résidus de plomb qui contaminaient la farine. Ces grains secs moulus nous donnait : le maïs-riz (moulu plus gros pour le repas en remplacement du riz), le maïs fin pour le " sosso ", la farine de maïs pour les gâteaux, le petit son pour le " lamsim " et le gros son pour les animaux.

Le maïs est longtemps resté la nourriture des esclaves et les blancs, le riz étant réservé pour les grandes occasions ou pour les privilégiés. A la fin du XVIII ème siècle il devient l'élément essentiel de l'alimentation populaire. Concurrencé par le riz, il constitue l'aliment favori des habitants des hauts jusqu'au premier tiers du XX ème siècle. Cette culture ne se fait plus beaucoup de nos jours et one importe de Madagascar surtout.

A présent, ces moulins de pierres demeurent des éléments décoratifs des jardins réunionnais.    Chantal .L.

 

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