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CULTURE > Coutumes de l'île de la Réunion > Ancêtres et Cyclones

 (Message posté sur notre liste de discussion par un de nos membres)

 

  Nos ancêtres et la venue des cyclones 

 

         

Chantal L. : 

Autrefois, la météo n¹existait pas et nos grands-parents savaient quand un météore s¹approchait de l¹île ou pas. Déjà, ils s¹étaient aperçus que la saison des cyclones était située entre novembre et début avril, avec plus d¹animations en janvier et février.

Pour certains, la chaleur qui y régnait quelques temps auparavant était un signe précurseur. Et cela est vrai, car un jour je me trouvais à Saint-Paul en janvier, et l¹ardeur du soleil, et d¹autres choses entourant ce climat me laisser penser qu¹il se passait quelque chose d¹anormal. Pourtant la météo existait déjà quand je constatais ce climat, mais on ne l¹avait pas encore annoncé, et le soir la télévision dans son bulletin nous faisait part de l¹approche d¹un cyclone qui venait vers notre île, et c¹était celui que vous avez dû entendre parler : " Firinga ".

Certains de nos anciens reconnaissaient qu¹il y avait une dépression tropicale à proximité, selon les dires, par plusieurs facteurs :

Par la coloration de la lune, la trajectoire des nuages, mais aussi à la couleur rougeoyante que prenait le soleil, et aussi à la netteté de la ligne d¹horizon.

D¹autres, se fiaient au comportement des insectes et animaux. Par exemple, si les araignées tissaient leurs toiles très bas, c¹était là un signe.

Si les cafards, fourmis, araignées s¹activaient à la recherche d¹un abri. Parfois même à l¹intérieur de la maison, on pouvait déceler des signes, comme la présence d¹un capricorne. En général, ils sont rares, et sont dans la nature, mais si on les trouvait dans la maison nos anciens pouvaient être sûr de la venue d¹un cyclone.

Si les poules ne montaient pas au bois pour dormir,(car les gens n¹avaient pas de poulailler, par conséquent pas de perchoir), et restaient au bas dans un coin, c¹était là un signe.

Si les cochons à la campagne faisaient preuve d¹une excitation peu coutumière, à la limite de la folie (pas de vache folle encore à cette époque !!) on pouvait commencer à " clouter " les portes et fenêtres.

D¹autres observaient et s¹ils remarquaient les fouquets (un oiseau marin qui reste ordinairement sur la côte) qui montaient dans les hauts pour se nicher sur les remparts, c¹était aussi un signe. Ces oiseaux, en remontant poussaient une sorte de cri :Pic pic ouin-in, pic-pic ouin-in en traînant sur le dernier son " in ", c¹est qu¹ils étaient affolés.

Plus incroyable encore, les vieux à l¹époque dans la campagne silencieuse tendaient l¹oreille, surtout les sudistes et les gens de l¹est, et écoutaient le ronflement de la Fournaise. S¹ils l¹entendaient, ils déduisaient que le cyclone venait sur l¹île. Dans une autre région, on écoutait le ronflement du Bassin Boeuf, qui selon une croyance, une véritable corne de brume avertissait la menace. " Bassin Bèf " comme disait le créole. Selon certains, le ronflement de ce bassin commençait 3 ou 4 jours avant la tornade, témoin d¹un besoin crucial en eau que le cyclone distribuera avec largesse.

Tout cela, superstitions ? Croyances ? Ces signes en dépit des technologies d¹observations cycloniques sont toujours dans l¹imaginaire des réunionnais, malgré l¹existence de la météo à l¹heure actuelle.

Au début du siècle, le phénomène était annoncé aux gens par un tambour sur l¹ordre du maire, et la population savait qu¹il fallait ramasser les animaux et prendre toutes les précautions. 

Pascal A. :

Tout cela fait penser plus à une capacité d'observation de la nature (aime la Terre, elle te le rendra...), qu'autre chose. 

La croyance populaire est souvent basée sur l'expérience des anciens, non ?
Je note tout ça. 

Je me prends aussi à observer le ciel et mieux comprendre la météo particulièrement fantaisiste de l'île. 

Le bulletin météo du soir su RFO me fait d'ailleurs hurler de rire chaque soir. Il y a tellement de microclimats ...

 

Joël S. :

Lorsque j'étais sur l'île nous avons eu un cyclone (sans vent). Les signes qui me prouvaient la venue du cyclone était l'hyper agitation des chiens errants (il y a en même un qui c'est fait écrasé devant nous).
Pour comprendre tous ces signes et les rendre scientifique, il faut redéfinir le cyclone : une énorme dépression.
Et les dépressions agissent sur le comportement des animaux : bourdonnement dans les oreilles (comme lorsque l'on va en avion)...
Si on reprend les "avertissement" des anciens beaucoup s'explique :
- La chaleur avant : l'air chaud est plus légère -> creuse les dépressions. Elles sont plus importantes si il n'y a pas de vent (comme pour les orages).
- "Par la coloration de la lune, la trajectoire des nuages, mais aussi à la couleur rougeoyante que prenait le soleil, et aussi à la netteté de la ligne d¹horizon" : Comme l'air est plus légères les "visions" changent, autres spectres de couleur, l'horizon n'ondule presque pas...
- "si les araignées tissaient leurs toiles très bas" : les araignées tissent les toiles ont il y a des insectes. comme l'air à une moins grande portance par une baise de pression, ceux-ci volent bas. C'est le même phénomène pour les hirondelles...
- "Si les cochons à la campagne faisaient preuve d¹une excitation peu coutumière, à la limite de la folie" même chose que pour les chiens, la baisse de pression brutal fait bourdonner les oreilles.
- Pour le fouquets, je pense plus au "souvenir" du danger d'être resté devant une mer déchaînée.
- "Plus incroyable encore, les vieux à l¹époque dans la campagne silencieuse tendaient l¹oreille, surtout les sudistes et les gens de l¹est, et écoutaient le ronflement de la Fournaise. S¹ils l¹entendaient, ils déduisaient que le cyclone venait sur l¹île. Dans une autre région, on écoutait le ronflement du Bassin Boeuf, qui selon une croyance, une véritable corne de brume avertissait la menace. " Bassin Bèf " comme disait le créole." Ce n'est pas si incroyable que cela. Avant il y avait moins de bruit (voiture, avion, ...) et le fameux bourdonnement (du au changement de pression) pouvait passer pour une corne de brume au loin.

 

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